Le bien ne fait pas de bruit…

Il y a beaucoup de vacarmes ambiants autour de ce qui va mal, nous n’avons qu’à ouvrir nos téléviseurs, nos journaux ou médias sociaux et nous finissons par croire que ce monde va de mal en pis et à perdre espoir en l’humanité. Or, je ne sais pas pour vous, mais pour ma part, lorsque je regarde autour de moi, je suis entourée d’hommes, de femmes, de petits, de parents, de jeunes, de vieux, d’intervenants, bref d’une multitude de personnes de bonne volonté qui embellissent et transforment ce monde un geste, une parole à la fois.

Connaissez-vous l’histoire de cette journaliste, qui l’an dernier, a fait une expérience en laissant un portefeuille contenant 25 dollars dans des lieux différents? 17 fois sur 20, il lui a été rapporté avec les 
25$ dedans (1). 
On dit qu’un arbre fait plus de bruit en tombant que toute une forêt qui pousse, lorsque j’écoute les nouvelles, j’entends l’arbre tombé, lorsque je vis au milieu des gens qui m’entoure, je vois la forêt qui pousse sans bruit.

Je travaille dans un quartier touché par de nombreuses problématiques (pauvreté, immigration, logements insalubres, etc), qui cumulées ensemble, viendraient à bout de l’espérance, de la bonté, de l’humanité qui habitent la majorité d’entre nous. Or, je suis toujours surprise de la chaleur, de l’accueil, de la générosité que je retrouve au cœur du Centre communautaire Val-Martin (CCVM), l’organisation que j’ai fondée et où je travaille. Malgré les écueils de la vie, il y règne un climat d’amour et de fraternité qui me porte et me nourrit. C’est toujours un baume, après des journées de concertations, de représentations extérieures, de rentrer au CCVM et de rencontrer ceux qui s’y trouvent. Pourtant plusieurs familles ne parlent pas le français, plusieurs jeunes me voient pour la première fois, nous ne partageons pas la même langue, la même culture, la même classe sociale, mais nous partageons quelque chose de bien plus important, qui nous relie et nous unit, notre condition humaine… Ainsi, nous nous sourions, nous nous regardons avec bienveillance, nous nous reconnaissons mutuellement, nous nous accueillons et tout cela est simple et bon.

Je retrouve cette bienveillance et cette bonté auprès de mon compagnon, de mes enfants, de mes amis, de ma famille et lorsqu’elles ne sont pas présentes ou qu’elles se dérobent, je tente de demeurer centrée et de voir la personne au delà de ses comportements et de nos blessures… Ce n’est pas toujours simple, j’en conviens, n’est-ce pas Bouddha qui a dit « je vous ai dit que ce serait simple, je ne vous ai pas dit que ce serait facile ». J’en ai encore fait l’expérience cette semaine, une situation est venue me troubler, j’ai ressentis de la confusion et du rejet, je me suis promenée entre l’incompréhension, la peur et le désir sincère de paix et de réconciliation. Cependant, c’est en bonne partie grâce à des personnes, des paroles et une attention bienveillantes, si j’ai pu donner du sens à cet évènement, apprendre la leçon et garder le cœur ouvert.

Vous êtes le sel de la terre et la lumière du monde, disait Jésus, un des plus grands passeurs d’amour dont les paroles résonnent encore. Ce sont nos gestes et nos paroles qui donnent de la saveur et du goût à la vie des personnes qui nous entoure, qui allument la lumière, éclairent les nuits de ceux qui souffrent et donnent de la chaleur à ceux  qui cherchent une épaule où se reposer, une écoute attentionnée.

Dumbledore a dit: (décidément je suis dans les grands hommes aujourd’hui) « L’amour est la plus puissante des magie, nos gestes, nos paroles peuvent briser quelqu’un ou le réparer », et j’ajouterais lui enlever ou lui redonner sa dignité. Cette semaine lorsque j’ai vu des milliers de personnes rassemblées pour partager la peine et la souffrance des familles musulmanes touchées par la folie meurtrière,  je nous ai trouvé beaux. Vraiment! Au delà des peurs, des incompréhensions, nous étions là, solidaires et unis, dignes et silencieux.

Définitivement, le bien ne fait pas de bruit…

Manon Rousseau / février 2017

(1) Alain Roy, Prions en église.

4 réflexions au sujet de « Le bien ne fait pas de bruit… »

    1. Manon Rousseau Auteur de l’article

      être ta compagne me fait le même effet. Sincèrement et tu me sais sincère!

  1. Jean

    Merci Manon pour ce message qui souligne, je crois, quelque chose d’essentiel. Cela demande beaucoup de discernement et de sagesse pour voir le bien qui se fait dans la discrétion tandis que toutes sortes de bateleurs de foire occupent le devant de la scène et font du tapage…

    Répondre
    1. Manon Rousseau Auteur de l’article

      Merci Jean, la sagesse vient avec la fatigue, disait Languirand, j’ajouterais avec le temps qui passe, le temps de silence, l’apaisement et tout ce que tu sais si bien. Toute mon affection mon ami…

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