Silence, mon foie me parle…

Mon système digestif est un radar par excellence de ce qui a besoin d’être nourri. Dans les cinq dernières années, j’ai vécu plus d’inconfort relié à mon système digestif que durant les 50 premières années de ma vie et plus particulièrement avec mon estomac et mon foie, qui ne m’avaient donné que très peu de signes de leurs existences et du travail prodigieux qu’ils exécutaient avec brio au creux de mon plexus. Chanceuse la dame, 50 ans sans aucun symptôme, on ne mesure bien souvent la grâce des cadeaux qui sont les nôtres que lorsqu’on nous les perdons.

Or, durant la période de grandes transformations qu’est la ménopause, tant mon estomac que mon foie, se sont manifestés dans bien des occasions et m’ont ainsi démontré le rôle majeur qu’ils jouent, puisque lorsqu’ils ne vont pas bien, l’ensemble de ma vie s’en ressent. La puissance de leurs maux m’a parfois laissée sans voix, pour ne pas dire sans mot.

Je me suis donc mise à leur écoute, parfois sans d’autres choix puisque je ne digérais plus grand-chose ou que plus rien ne passait. Encore une fois, force a été de constater que lorsque plus rien ne passe par mon système digestif, c’est que quelque chose d’important ne passe pas sur d’autres plans, quelque chose qui nécessite mon attention. Mon estomac est comme un enfant qui devient « tannant », qui demande mon attention lorsque je ne donne pas assez de place à mes besoins physiques, émotifs et spirituels. Lorsque je ne me nourris pas correctement de toutes les façons possibles. En écrivant cela, il me vient encore plus clairement que mon système digestif est l’un des système qui est le plus connecté à mon âme, à mes besoins profonds, à ce qui a besoin et envie de se réaliser dans cette vie pour accomplir ma mission de vie. Lorsque je m’éloigne de moi, de ce qui me nourrit au plus profond, j’ai nécessairement des inconforts et des problèmes digestifs.

système nerveux

source: science/sante/stress/stress/urgen.htm

De même, depuis quelques années, j’ai de plus en plus conscience du lien étroit qui lie le système nerveux au système digestif. Rien ne vaut l’expérimentation dans le corps pour le saisir réellement, voilà pourquoi il est dit par les sages, que le corps est un maître… En vieillissant, je ressens de manière importante l’impact de mes peurs, du stress, de mes pensées sur ma capacité à digérer. Lorsque je suis inquiète, que tout ce qui m’est secourable au quotidien, ne vient pas à bout de mes inquiétudes ou ne calment pas mon mental agité, j’ai des spasmes, je ne digère plus ou mal, j’ai mal au cœur, des nausées. L’impact des idées noires, des pensées négatives, de la peur sur mon système digestif est phénoménal, j’ai donc de plus en plus besoin de silences, de repos, de retrait, de lectures, de méditations, de plantes qui nourrissent la douceur, la bienveillance, la paix et la présence à ce qui est.

Je ne peux plus être tourné vers l’extérieur, ne pas me nourrir correctement, me détourner de moi, ne pas revenir fréquemment au centre comme dans le temps de ma prime et folle jeunesse et croyez-moi, parfois je le regrette. Faire le deuil de sa jeunesse, de sa forme juvénile, d’une santé presque parfaite est un véritable processus. La sagesse vient avec la fatigue, disait Languirand.

Mais il s’avère que je suis dans un temps de passage qui me demande accueil, attention et présence et que l’un de mes plus grand radar est à coup sûr mon système digestif. J’ai perdu le cadeau du temps de l’insouciance, mais j’honore celui qui vient avec la conscience. Et ce chemin de conscience, personne ne peut le marcher à notre place. Et quoiqu’on en dise ou pense, sur ce chemin notre corps, souffrant et/ou malade, est un allié. Il nous dit, nous révèle ce à quoi nous ne portons pas attention, ce à quoi nous sommes conviées. Silence, mon foie me parle!

MR/2014

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.