Pâques, naissance, chocolat et tralala !

J’ai écrit cette chronique voilà 3 ans lors de la naissance de mon petit fils Mattéo. Aujourd’hui, un autre petit fils vient de s’ajouter à la famille, ce qui nous fait deux petits cocos de Pâques et j’aurais pu, à quelques virgules près, réécrire ce texte. Le voici donc, un peu retouché, à l’image de Pâques, né de nouveau.

Vendredi saint et journée de lune pleine, de bedon rond et de passage. J’attends dans la présence mon petit fils à naître (2012), je garde mes petites filles laissant aux parents le temps d’accueillir leur nouveau né (2015). Hier, j’ai accompagné des grands que j’aime, afin qu’ils puissent trouver dans ce passage pascal, l’humilité d’accueillir ce qui cherche à naître et le courage d’accepter d’entrer dans le passage pour laisser mourir le vieux, l’inutile. Car toutes naissances passent par des morts, petites et grandes. « L’embêtant avec la résurrection, c’est qu’il faut mourir avant ». Frédéric Beigbeder

Pâques en témoigne encore, porté depuis des millénaires, tant par des rites païens que chrétiens et dont le sens perdure toujours. Aujourd’hui encore, dans tout ce qui se marchande et nous est Pâquesproposé en vitrine, dans le profane se trouve continuellement le sacré. L’œuf de Pâques, le poussin en chocolat, nous rappelle que pour éclore, nous devons briser les coquilles qui nous enferment (même éthymologie qu’enfer, enfermement).

Pâques, célébration du retour de la lumière après de long mois dans la pénombre et les longues nuits d’hiver. Les fleurs de printemps qui pointent, jacinthes, narcisses, tulipes, nous rappellent que ce qui fleurit et sort de terre, encore neuf et fragile, vient de l’ombre, du centre. Que chaque fleur a mis du temps, engourdie dans le sol gelé, à briser la graine qui la retenait prisonnière, défiant la terre froide, cherchant la lumière et la chaleur pour enfin sortir de terre.

Avec leur arrivée qui tardait, mes petits fils, m’ont instruits un peu plus sur la patience qui vient avec l’attente… Ces naissances ont été un rappel, encore une fois que, tous autant que nous sommes, avons dûs mourir de cette vie utérine, ce cocon protégé pour affronter le passage et naître en ce monde.

Pâques nous rappelle que tout ce qui est à naître cherche et trouve un passage. En nous et enPâques dehors de nous, le même processus est à l’oeuvre. La nature n’est qu’un rappel de ce que nous sommes, un miroir précieux dans lequel se regarder! La nuit, le jour, l’hiver, le printemps, la dormance, la renaissance, la résurrection. Ce temps de Pâques, de naissance et de renouveau est pédagogique et nous enseigne sur l’audace nécessaire pour renaître, briser de vieilles coquilles, accepter le passage pour naître dans la plus grande fragilité et ainsi refleurir. Mourir pour renaître, quitter ce qui est inanimé, sclérosé sous la peur, le poids des années, des habitudes, des certitudes.

PâquesMais au delà de tout, ce qui me saisit, m’impressionne et m’émeut le plus dans tout cela, c’est l’incroyable force de vie qu’ont la fleur de printemps à peine éclose et un tout petit bébé tout juste né. Tous deux s’offrant dans toute leur fragilité, nous rappelant que la force et la fragilité sont des sœurs siamoises habitant la même matrice.

Joyeuses Pâques !

MR / 06 avril 2012 et 03 avril 2015

 

2 réflexions au sujet de « Pâques, naissance, chocolat et tralala ! »

  1. Geneviève

    Comme c’est magnifique ma sœur! Merci pour tes paroles, mots inspirants et paraboles… Ils arrivens toujours au bons moments! Joyeuses pâques, je t’aime!

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  2. Diane Arsenault

    Dans la simplicité de tes histoires et la beauté de tes mots c’est avec joie et plaisir que je m’ouvre davantage à la vie, de ce qui est, ce qui se présente à moi …ombre et lumière. Merci Manon de nous partager les inspirations de ton cœur!
    Xxx, Diane

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