La constance du jardinier…

«Quiconque écrit s’engage» Thomas Corneille

 « Dans le silence entre deux battements de cœur se cache un appel. Nommez-le si vous le voulez ou laissez- le à jamais sans nom, mais pourquoi prétendre qu’il n’est pas là ? »

Océ&ManJuinMa petite fille me sollicite pendant que je commence cet article sur l’engagement, je m’arrête, prend du temps pour elle. Je suis engagée envers elle comme envers tous mes petits-enfants. Comme grand-mère, j’ai envie de leur offrir le meilleur de moi, de transmettre les valeurs auxquelles je crois. Alors, je prends du temps, du temps de qualité, je m’investis dans chacune de ces relations et j’y récolte de la douceur, de la tendresse, de l’amour, de l’attention, de la reconnaissance et tout plein de bonheur.

Je fais de même avec les plantes que je cueille, que je sème, que je soutiens dans leur croissance, que je transforme. Je me suis engagée intérieurement lorsque je les ai mises en terre ou lorsque je les cueille. J’y mets donc du temps, de la présence, de l’attention, de l’amour. Je récolte en retour de l’apaisement, de la paix, de la santé et de la beauté. Cela fait plus de 35 ans que les plantes nous soignent moi et les miens. Au fil du temps, elles ont fini par m’infuser et je les aime comme on aime des amies qui nous sont chères.

CitationIl y a plus de 30 ans, je me suis engagée avec un homme bon et capable de se questionner, un engagement que nous avons sans cesse renouvelé et dans lequel j’ai pu voir et toucher tant à notre beauté qu’à notre part d’ombre. Durant toutes ces années, j’ai goûté à des moments de grâce, de pur bonheur, de complicité, de communion, mais aussi à des moments de peur, de douleur, au goût de fuir et de partir. Et je suis partie et revenue. Aujourd’hui, je récolte au quotidien ce que nous avons semé et j’honore la constance des jardiniers que nous sommes. J’ai le privilège d’être aimée pour ce que je suis et d’aimer l’autre pour ce qu’il est et d’être accompagnée par un coéquipier qui aime les plantes et les gens tout autant que je les aime.

Je suis engagée depuis plus de 20 ans au cœur d’un OBNL que j’ai fondé et que je dirige. Un organisme qui offre aux jeunes et aux familles des milieux de vie, d’entraide et d’implication. Un lieu accueillant, un lieu d’ancrage et de rassemblement. En 20 ans, j’ai mis au service des familles et des jeunes, beaucoup de mon temps, de mon énergie créatrice et de mon intelligence, sous toutes ses formes. J’ai, plusieurs fois, songé à tout quitter pour partir à la campagne, aller cultiver de grands jardins, herboriser à plein temps, mais chaque fois
des évènements m’ont fait « rechoisir » ce travail. Aujourd’hui, à l’aube de mes 50 ans, je me sens moins tiraillée entre tous ces appels qui m’interpellent, je me sens à la bonne place, un pied dans les plantes, un pied au cœur des gens, à développer des rituels, des activités, des formations. Je goûte la chance d’être ce que je suis, de travailler avec des personnes extraordinaires, de bien gagner ma vie et de mettre à profit mes dons et mes talents.

On ne choisit pas sa mission, c’est elle qui nous choisit. Derrière chacun de mes engagements, il y a un appel de l’intérieur, une voix qui souffle. Parfois j’entends, parfois je passe à côté, mais elle souffle alors de nouveau.

Ma rencontre avec les plantes en témoigne, ma passion pour elles était incontournable, même s’il y a eu des détours, tous les chemins m’ont ramenée vers elles.

Ce soir, en écrivant, il me vient avec plus de certitude que jamais, que mes engagements sont le fruit des appels de mon âme. Me reviennent en tête les paroles d’une chanson de Daniel Bélanger que j’écoutais ce matin « Parce que je suis libre comme l’air, libre de faire demi-tour, j’vais continuer. Continuer… »

MR / 2010

 

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