Je ne suis pas digne de te recevoir mais dis une seule parole et je suis guérie!

J’aime infiniment cette phrase, qui n’est plus très populaire par les temps qui courent. Au contraire, elle a pris des rides, est vieille, souvent ridiculisée et semble dépasser. La mode n’est pas à l’humilité, nous sommes à l’ère de la croissance personnelle et spirituelle, où des maîtres de toutes sortes nous rappellent notre toute-puissance et notre magnificence. Je n’ai rien contre, nous sommes Dieu, par lui, avec lui et en lui et je le crois sincèrement, mais malgré ma toute-puissance et le pouvoir de mes intentions bien enlignées, je suis bien incarnée dans mon humanité et me promène entre dignité et indignité, grandeur et petitesse, amour et peur, altruisme et égoïsme.

Ainsi, après un hiver de paix et d’ancrage, me voilà depuis quelques semaines, de nouveau décentrée. Malgré tous mes efforts pour demeurer centrée, j’ai la mèche courte. J’ai beau connaître les multiples pièges de l’égo et souhaiter sincèrement ne pas me prendre les pieds dedans, une intonation de voix ou ce que je considère comme une mauvaise intention et grrrrr, je gronde par en dedans et parfois par en dehors. J’ai le grrrrr facile et ça me fatigue! Je pourrais mettre cela sur le dos de l’hiver qui n’en finit plus de finir, des rénos, de mon chum, de ma job, ce serait simple, mais il est bel et bien terminé ce temps d’inconscience. Il y a belle lurette que je n’arrive plus à m’en convaincre même lorsque j’essaie encore d’y croire. Tant mieux puisque tout le temps passé à mettre nos manques et nos écueils sur le dos de quelqu’un ou de quelque chose ne fait que nous ramener à de l’impuissance et à tourner en rond. Si c’est de la faute à quelqu’un ou à quelque chose et que je n’y peux rien, je ne peux par conséquent rien y changer, alors que si je prends l’entièreté de ma responsabilité, ciel que de possibilités!

Par exemple, je n’aime pas la chicane, et ce n’est pas faute de l’avoir expérimenté, mais plus je vieillis et plus elle m’épuise, vous l’ai-je dit, la sagesse vient avec la fatigue, c’est l’une de mes Je ne suis pas dignephrases favorites de Jacques Languirand. Ce n’est pas non plus que j’ai quelque chose contre la colère et l’indignation, elles ont leurs places pour combattre l’injustice et s’insurger contre ce qui avilit, mais je n’aime pas les querelles où l’on cherche à avoir raison, à gagner son point, à sortir vainqueur à tout prix, s’épuisant dans de vains combats. J’aime l’écoute, la justesse des mots, des silences, la compassion, la chaleur, la douceur qui vient avec le respect, l’attention, la présence à soi et à l’autre.

Or, voilà ce qui me manque depuis quelques semaines que j’ai bien remplies; des silences, de l’attention, de la douceur, de la présence à soi. Voilà ce que je m’offre peu ou en quantité insuffisante, prise dans le tourbillon, joli tourbillon de la vie. Quelle belle drogue que l’adrénaline, mais me voilà en manque d’endorphine. Depuis quelques années, force est de constater que des temps de retrait me sont de plus en plus nécessaires et que l’intensité, sans répit, me rend bougonneuse, soucieuse et décentrée.

J’en reviens donc à cette phrase biblique qui titre cette chronique, cette phrase que j’aime et qui me recentre et m’apaise lorsque que je n’ai pas fait tout le bien que je devrais ou que je souhaiterais. La dire, la laisser se diffuser en moi, distiller son essence, me lave de toutes souillures, des maudits / mots dits désabusés et des actes pas toujours empreints de bonté. Elle me ramène au désir de bien qui m’habite…

Je ne suis pas dignePlus la vie passe et plus des phrases comme celles-ci viennent se déposer, répandre la grâce qu’elles contiennent et me toucher jusqu’à l’os, dans tout ce que je suis. Dans ces moments où l’on vibre en résonnance, la certitude de Dieu augmente. Il n’y a pas de raisons proprement dites à la foi, c’est un appel, une présence, des moments de grâce et d’intimité avec Dieu qui nous comble et nous dépasse. Je ne demande à personne de croire, les paradoxes de la foi sont trop forts pour être expliqués, ce ne peut qu’être ressenti, expérimenté. Or, je l’expérimente et même si je suis sertie de doute, je reviens sans cesse à cette relation d’amour intime et inexpliquée, qui m’invite au meilleur et à la justesse.

MR/2015

 

 

 

 

8 réflexions sur « Je ne suis pas digne de te recevoir mais dis une seule parole et je suis guérie! »

    1. Manon Rousseau Auteur de l’article

      Tu as raison cher Jean, cet article parle d’un grand tabou dans nos sociétés bancales, notre rapport intime au sacré… je suis toujours heureuse de me savoir lue de toi…

  1. Céline

    Ahhhhhhh! Manon!!!!

    Que de maux/mots justes! Que de synchronicités…..
    Il y a ce Je…ce Je… et ce Nous… ou quelque chose « quequ’part par là »…. autour de ce que nous raconte J. Houston….

    Ce « nous » qui nous réunit!!! Parce que c’est ahurissant de te lire, alors que cette phrase même qui titre ta chronique, a bercé mes jours récents de tourbillon, non, de « tournade » qui passe et réside un temps, ces temps-ci, dans ma vie… Oui, « je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole… », le verbe qui guérit… Oui, tellement!!!… le verbe dans toute sa splendeur: le silence!!!

    Merci Manon de ces expressions de ton coeur… Tu m’inspires tellement, à ce temps de virage dans ma propre vie. J’éprouve de la gratitude que la Vie t’ait placée sur ma route… Quelle Belle Fleur!

    Céline

    Répondre
    1. Manon Rousseau Auteur de l’article

      Merci Belle Céline, j’écris pour cela, pour se rejoindre dans l’invisible car ce qui est unique est universel… Merci infiniment du feed-back, je l’apprécie, il nourrit cette relation que nous portons dans l’invisible.

  2. Denise TREMBLAY

    Bonjour Manon,
    Cet amour intime, ne serait-ce pas la rencontre de ta nature pure ?
    Pour moi, Il est difficile de toujours rester simplement en présence de cette nature qui pourtant m’apporte un si grand bien-être, je manque de rigueur ou de temps pour la rencontrer.
    Le tourbillon du quotidien m’arrache à ma nature. Serait-ce à force de m’occuper des autres. Oui, vive le juste milieu.
    Je vis un peu la même chose que toi en ce moment, du grrrrr depuis 2 jours. La fatigue peut-être et qui me remet dans mon éternel étât d’ insatisfaction.
    Merci pour ce beau texte qui m’a fait m’en rendre compte.
    Denise

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    1. Manon Rousseau Auteur de l’article

      Merci Denise, j’écris pour cela, pour se rejoindre dans l’invisible car ce qui est unique est universel… Je trouve juste lorsque tu dis que quand tu donnes trop, tu te sens décentrée, c’est en tout cas ce qui se passe pour moi lorsque je suis en déséquilibre entre donner et recevoir, ce qui arrive souvent comme mère et grand-mère qui tente de s’ajuster entre mes désirs et mes possibles…

      Love ma belle cousine que j’aime. Merci du feed-back, je l’apprécie, il nourrit cette relation dans l’invisible.

  3. Ève

    Merci à toutes pour les réflexions . Merci manon tellement juste et beau !!!!!! Ça résonne pour moi!!!……………………………………………………………………. Je crois aussi que le déséquillibre entre donner et reçevoir, entre le mouvement et le repos, entre le bruit et le silence,…….,entre la tête et le coeur……entre aimer et aimer mal , trop ,……………., entre respirer et s’agiter………;……décentre, amène confusion, fatigue et grrrrrrrrrrrrrr…….bienvenue ds le club………..

    Pour moi aussi cette phrase est guérisseuse, apaisante,,,, Je ne suis pas digne de te reĉevoir : me raméne à mon humanité, à mes failles, à l’humilité. À admettre et accepter que je ne suis pas toute puissante devant toute situation , à lâcher le contrôle, à laisser vivre!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Dis seulement une parole et je serai guéris: m’amène au droit d’être aimé avec mes failles, à croire que je suis aimé en tout temps et malgré tout!!! donc au pardon à ma dignité!!!! hummmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm!!!!! comme c’est apaisant et doux, la paix pour un temps!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!…………………………….. Car le tourbillon reviens vite ds ma tête et dit: si j’ ai droit au pardon,les autres aussi??????!!!!!!???????………………………………………………………………………….. pourquoi les autres ne mériterait pas de cet amour et ce pardon,????!!!! j’espère donc pouvoir offrir mon pardon sincère et bénir (bien dire) les autres car mal dire des autres (maudire) ne m’apporte surtout pas la paix!!!!!!!!!!!!!………………….wow la tête va pas trop vite, savoure le cadeau avant de repartir en tornade!!!!!!!!!!!!!!!!!! reste dans la paix …..aide moi à canaliser ma grogne à la place ..chut chut pense pus fais dodo !!!!!!!……………………………ÈVe

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    1. Manon Rousseau Auteur de l’article

      Que la paix soit avec vous et avec votre esprit… Je te le souhaite de tout cœur belle amie!

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